vendredi 4 avril 2008

Harry Potter and the Half-Blood Prince : J.K. Rowlings

Ça faisait longtemps que le sixième opus du jeune sorcier traînait sur mes étagères. J'avais déjà commencé à le lire, mais je n'avais pas réussi à le finir. Non pas que le livre m'ennuyait, bien au contraire, mais c'est comme ça, la dure loi de la vie nous fait parfois arrêter nos lecture en plein milieu pour mille et une raison qu'on ne peut explique... Certainement trop de travail.

Mais ça me turlupinait beaucoup de ne pas avoir continué cette série que j'affectionne comme beaucoup de monde. J'avais dévoré les 5 premiers opus dès la sortie du cinquième tome. Eh, oui! Ce n'est qu'à l'âge de 19 ans que je mes suis plongé dans cette série de livres pour enfant dont on disait tellement de bien. A l'époque, je dévorais les livres de Fantasy, particulièrement ceux de Tolkien (j'ai lu 5 fois en anglais tout le cycle du seigneur des anneaux...)

Je ne m'étendrais pas beaucoup sur l'histoire, tout le monde la connais, et parler de cet opus serait un peu faire du spoiling (il y en déjà tellement eu et c'est bien dommage... dire qu'un présentateur de télévision a révélé la fin du dernier tome le surlendemain de sa sortie... SHAME ON YOU!!!)

Tout ce qu'il y a à dire, c'est que le jeune Harry a grandit avec nous, que l'écriture et l'histoire aussi a pris de la maturité... Rien de bien extraordinaire dans cet opus, mais l'écheveau est en train de se démêler...

Chaque tome successif m'a semblé meilleur... peut-être que le premier était vraiment trop un livre pour jeune pré-adolescent? Avec le sixième, on entre dans de la très bonne littérature jeunesse. L'atmosphère est plus sombre, l'histoire plus complexe que dans les précédents... En plus, cette ambiance de Fantasy, je l'affectionne particulièrement, même si cela fait des années que je ne me suis plus plongé dedans...

Et j'ai hâte de lire la suite... incessamment...

Les avis d'Allie et de Kalistina

jeudi 3 avril 2008

Ma théothèque

Comme beaucoup l'on compris, je fais bibliothèque commune avec Loutarwen. Par conséquent je fais aussi théothèque commune avec elle. Or sa liste me semble un peu dépassée (par notre compulsion à acheter et à boire des thés différents... essentiellement le soir et le week-end pour moi car je n'ai pas de bouilloire au travail).

Le mini-swap Thé de Flo est donc une bonne occasion de remettre cette liste à jour:

Thés aromatisés de saison:
  • Thé hivernal
    • Chaï (à laisser infuser dans du lait)
    • Noël à Strasbourg ( Thés de Chine et de Ceylan, écorces d'orange, cannelle, muscade, girofle, fleurs de bleuets)
    • Thé des amants (Thé noir, pomme, amande, cannelle, vanille, gingembre)
    • Thé à la cannelle
    • Thé au pain d'épices
    • Thé de Noël
    • N°25 (Thé noir, agrumes, rose, vanille, cannelle, amande)
    • Loreleï ( Thé noir, cannelle, vanille, amande)
    • Soirée d'hiver (Thé noir, épices, agrumes, caramel)
  • Thé estival
    • Thé du Hammam (Thé vert, pulpe de datte verte, fleur d'oranger, rose, fruits rouges)
    • Montagne bleue (Thé noir, miel, lavande, bleuets, fraise, rhubarbe)
    • Thé des Alizés (Thé vert, pétales de fleurs, pêche blanche, kiwi, pastèque)
    • Thé des Geishas (Thé vert, fleurs de cerisier)
    • Thé des Concubines (Mélange thé vert/thé noir, pétales de rose et de morceaux de fruits, cerise, mangue, vanille...)
  • Thé printanier :
    • Bourgeons d'Argents au jasmin (Thé blanc parfumé à sept reprises aux fleurs de jasmin fraîches)
    • Thé aux fleurs orientales (thé noir, rose, lotus)
    • Fleurs de thés blanc au lotus, à l'amarante, au lys et à l'Osmanthe
    • Fleurs de thé vert
    • Fleurs de thé noir
Thés aromatisés pour toute l'année:
  • Prétoria (Thé rouge, cerise sauvage)
  • Thé des moines (Mélange rare au goût fleuri, recette ancestrale)
  • Remparts de Varsovie ( Thé noir vif, pamplemousse)
  • Mélange du cap (Thé rouge, cacao, vanille)
  • Goût russe sept agrumes (Thé noir, citron, citron vert, orange douce, orange amère, pamplemousse, bergamotte, mandarine)
  • Grand Jasmin Chu Feng ( Thé au jasmin chinois)
  • Thé à la mirabelle
  • La route de la soie (Thé noir, jasmin, rose, hélianthe, bleuet, cassonade, cannelle)
  • Thé des cigales (mélange de thés indiens aux figues, clémentines, parsemé de graines de lavandes, de soucis, de pétales de rose rouge et d'écorce d'orange)
  • Volupthé (thé vert aux écorces et arômes d'agrumes et aux pétales d'Hélianthe)
  • Paul et Virginie (un thé hindou au bon goût de vanille, en l'hommmage de la littérature du XVIIIeme siècle)
Thés du petit déjeuner:
  • Earl Grey Blue of London (thé noir Yunnan, bergamote, fleur de bleuet)

Thés nature:

Thés Verts
  • Xue Ha (Thé vert primeur, feuilles non-pliées)
  • Tai Ping Hou Kui (Thé vert chinois primeur, feuilles pliées)
  • Gua Pian (Thé vert chinois primeur, feuilles non-pliées
  • Yong Xi Huo Qing (Thé vert chinois primeur, feuilles roulées en boules)
  • Gu Zhang Mao Jian (Thé vert chinois classique, feuilles torsadées)
  • Gunpowder (Thé vert chinois classique idéal pour le thé à la menthe, feuilles roulées en boule)
  • Ping Cha (Thé vert chinois classique, feuilles pliées, le thé de tous les chinois...)
  • Sencha Ariake (Thé vert japonais classique, feuilles pliées)
  • Tamaryokucha Impérial (thé vert japonais)

Thés Noirs
  • Pettiagalla FOP(Thé de Ceylan, district de Dimbula)
  • Saint-James FOP(Thé de Ceylan, district de Uva)
  • Grand Lapsang Souchong (Mariage Frère, le plus connus des thés fumés, que je n'avais plus goûté depuis 3 ans, très original, reçu pour le mini-swap thé de Flo, je ferais un post à l'occasion)
  • Nilgiri Thiashola "Carrington" SFTGFOP1 (thé indien que je reluquais depuis un bon bout de temps... j'ai sauté le pas en voyant le colis reçu par Flo)

Thés Blancs
  • Bourgeons d'Argents au jasmin (Thé blanc Bai Hao Yin Zhen parfumé à sept reprises aux fleurs de jasmin fraîches)

Wu Long

  • Butterfly of Taïwan
  • Tie Guan Jin (Offert par mon père au retour d'une mission en Chine)
  • Dong Ding (Formose - acheté chez T'Cha)

Pu Ehr
  • Pu Er Grandes Feuilles 1998 (Thé sombre cuit, Shu cha)
  • Pu Er 2003 (Thé sombre cru, Sheng sha, district de Yiwu)
Une liste en constante augmentation (seulement 48 thés pour l'instant 4/04/2008). Le problème c'est que dès qu'un thé de cette liste se vide, il est immédiatement remplacé, et on ne peut s'empêcher de lui trouver un nouveau copain pour notre armoire... Bientôt il nous faudra déplacer les murs pour ranger tout ce thé. ;-)

Mais si ce n'était que ça, il y a les accessoires qui vont avec:
  • Théière en fonte japonisante 0.75l
  • Théière en terre de 0.60l
  • Théière en verre 1l pour les fleurs de thé
  • Gong Fu Cha avec théière de 15cl ramené par mon père de Chine
  • Tasses et mugs en folie (orient, chine, japon...)
  • Cuillers à thé en écorce (ma dernière acquisition)
  • bouleS à thé (et le S majuscule n'est pas assez grand)
  • Boites à thé en tout genre...
Célia, s'il manque quelque chose, dis le moi...

Lectures martiennes...

Non, je ne vais pas vous parler de le planète rouge et poussiéreuse où de petits hommes verts prennent une jolie couleur carmin lorsqu'ils batifolent dans les grandes étendues rougeoyantes et désertiques de notre plus proche planète tellurique.

J'utilise un si joli adjectif pour vous parler de mes lectures du mois de mars. J'avais le choix entre martiennes et martiales, mais vue la connotation belliqueuse du dernier, j'ai préféré un choix plus exotique (exotellurique?). Quoique je ne mente avec aucun des deux, vue que mes lectures m'ont mené à la fois dans l'espace et à la guerre : ça a été un choix bien difficile.

Ce mois de mars, après nous avoir fait entrevoir en début de printemps, nous a encore plus vivement plongé dans l'hiver. Et même si c'est une saison propice à la lecture, je n'ai pas eu grandement l'occasion de lire. Allez donc savoir pourquoi?
Il y a eu quand même un grand moment littéraire ce mois-ci : Le Salon du Livre. Eh oui! Je suis parisien depuis un an et un jour, et c'est la première fois que je peux participer à cette Grand Messe. Donc ma PAL a pris beaucoup de poids (surtout avec tous ces bons mets asiatiques, spécialement japonais, que je lui ai offert) et ces prochains temps , il faudra que je lui fasse faire un bon régime.

Sinon, j'ai mis a profit ce mois pour de nombreuses découvertes théophiles...

J'ai ressorti mon service à Gong Fu Cha - chahu (théière), chabei (tasse à boire) et wenxiangbei (tasse à sentir). Et je me suis mis à expérimenter la vraie méthode de dégustation chinoise et formosane. J'ai remarqué à l'occasion qu'il me manquait pleins d'accessoires pour pouvoir nous faire, à moi et Loutarwen, une vraie bonne dégustation.

Tout cela pour partir à la découverte de nouveaux Wu Long (thés bleu-vert). Nous sommes allés samedi dernier dans une maison de thé pour moi encore inconnue (T'cha) dans le VIème où ils servent dans un bateau à thé une petite chahu pleine des miraculeuses feuilles et deux petites tasses, le tout accompagné d'un grand thermos plein d'eau chaude, pour une dégustation des meilleurs thés de la planète dans une atmosphère calme et reposante. Loutarwen avait pris un Liu An Gua Pian (mon premier primeur vert) et moi je suis parti à la découverte d'un Baozhong de la montagne Wen, une merveille taïwanaise, un Wu Long qui sent naturellement l'orchidée plus que s'il avait été aromatisé.

J'ai aussi découvert le blog d'un français parti à Taïwan pour suivre les enseignements des grands maîtres de thé, qui a fortement développé mes envies de découverte...

Un grand mois au final, même si je n'ai pas beaucoup lu.

Mais j'ai de nombreuses lectures sur le feu:
  • Harry Potter et le prince de sang mêlé qui avance bien...
  • The Cleft de Doris Lessing que j'ai laissé en plan ce mois-ci mais que j'ai hâte de continuer
  • Le Chemin du Serpent de Torgny Lindgren que je pense arrêter pour le moment.
Et bonne lecture à tous et à toutes pour le mois prochain...

L'image du gong fu cha ne vient pas de moi, mais bientôt je pourrais vous montrer mes propres expériences...

vendredi 28 mars 2008

Et si notre planète devait être démolie pour en faire un contournement sur une voie express hyperspatiale?

Don't Panic!

Laissez moi vous parler d'un livre hautement exceptionnel, Le guide du voyageur galactique, encyclopédie parue aux éditions de la Petite Ours. C'est certainement Douglas Adams lui-même qui le résume le mieux:

En fait c’était sans doute l’ouvrage le plus remarquable jamais publié par les éditeurs de la Petite Ourse (dont aucun terrien n’avait non plus jamais entendu parler).

Non seulement ce livre est tout à fait remarquable, mais c’est également un énorme succès – plus populaire encore que le Mémento d’économie domestique céleste, plus vendu que Les 53 nouvelles recettes pour s’occuper en apesanteur et plus controversé que même que la scandaleuse trilogie du philosophe Oolan Colluphid, Les origines de l’erreur de Dieu, Quelques exemples des grandes erreurs divines et Finalement, d’où sort ce dénommé Dieu?

Auprès de bon nombre de civilisations parmi les plus peinardes des confins orientaux de l’anneau galactique, Le guide du voyageur galactique a même supplanté la grande Encyclopaedia galactica comme dépositaire classique de la sagesse et de la connaissance car, malgré ses nombreuses omissions, son texte largement apocryphe (ou du moins pour une bonne part apocryphe), il n’en surpasse pas moins les ouvrages antérieurs sur deux points importants : Primo, il est légèrement moins cher et, secundo, sur sa couverture on peut lire en larges lettres amicales la mention : PAS DE PANIQUE !


Ne vous inquiétez pas, je ne me suis pas encore mis à commenter les différentes encyclopédies passant à ma portée. Le prochain commentaire ne sera pas pour l'encyclopédiae Britanica, ni pour l'éminemment utile "Paris Pause-pipi guide" (quoique!), je vais vous parler de la bible de l'informaticien et de l'amateur de science-fiction (l'un va souvent avec l'autre), le Hitchhiker Guide to the Galaxy, écrit par Douglas Adams, souvent abrégé H2G2 par les intimes et traduit en français en Guide du voyageur galactique, qui commence ainsi:

Tout là-bas, au fin fond des tréfonds inexplorés et mal famés du bout du bras occidental de la Galaxie, traîne un petit soleil jaunâtre et minable.

En orbite autour de celui-ci, à la distance approximative de cent cinquante millions de kilomètres, se trouve une petite planète bleu-vert et totalement négligeable dont les habitants – descendus du singe – sont primitifs au point de croire encore que les montres à quartz numériques sont une vachté de chouette idée.

Cette planète a – ou plutôt, elle avait – un problème, à savoir celui-ci : la plupart de ses habitants étaient malheureux la plupart du temps. Bien des solutions avaient été suggérées mais la plupart d’entre elles faisaient largement intervenir la mise en circulation de petits bouts de papier vert, chose curieuse puisque en définitive ce n’étaient pas les bouts de papier vert qui étaient malheureux.

Et donc le problème subsistait ; des tas de gens se sentaient minables et la plupart étaient effectivement misérables – y compris les possesseurs de montres à quartz numériques.

Un nombre croissant d’entre eux partageait cette opinion selon laquelle leur plus grosse erreur aurait été dès le début de descendre des arbres. D’aucuns même affirment qu’avec les arbres déjà… et qu’on aurait mieux fait de ne jamais quitter les océans.

Et puis, un beau jeudi, près de deux mille ans après qu’on eut cloué un homme sur un arbre pour avoir dit combien ça pourrait être chouette de se montrer sympa avec les gens, pour changer, une fille assise toute seule dans un café de Rickmansworth comprit tout soudain ce qui ne tournait pas rond depuis le commencement et vit enfin comment on pouvait faire du monde un endroit agréable et chouette. Cette fois, c’était la bonne, ça marcherait et on n’aurait plus besoin de clouer n’importe où n’importe qui.

Mais hélas, avant que la jeune fille n’ait eu le temps de trouver une cabine pour téléphoner à quelqu’un la nouvelle, une terrible catastrophe survint et l’idée se perdit à jamais.

Ceci n’est pas l’histoire de cette jeune fille.

Mais celle de cette stupide catastrophe et de quelques-unes de ses conséquences.

C’est également l’histoire d’un livre, un livre intitulé Le guide du voyageur galactique – qui n’est pas un livre terrien : jamais il ne fut édité sur terre, et, jusqu’au jour de la catastrophe, nul terrien ne l’avait jamais vu ni n’en avait jamais entendu parler.

Nonobstant, un livre tout à fait remarquable.

[...]

Mais l’histoire de ce terrible et stupide jeudi, l’histoire de ses extraordinaires conséquences, l’histoire des liens inextricables entre lesdites conséquences et le susdit remarquable ouvrage, cette histoire débute fort simplement :

Elle débute avec une maison.

C'est l'histoire des pérégrinations d'Arthur Dent qui, après avoir vu sa maison démolie le même jour pour y faire un contournement d'une voir express, va être sauvé par un ami autostoppeur spatial (mais ça il ne le savait pas) de la destruction de la terre pour y faire passer un contournement d'une voie express hyper-spatiale... Tout est dit, ou presque, à part que l'espèce la plus intelligente sur la planète terre sont les souris et que la pire poésie dans l'univers a été écrite par Paul Neil Milne Johnston (camarade de classe de Douglas Adams) et a été heureusement détruite dans la destruction de la terre.

Un des plus grands chefs-d'œuvre (hum!hum!) de la SF, totalement loufoque et burlesque, mais empreint d'une grande poésie.

L'histoire de H2G2 commence en 1979 par un audio theater sur la BBC, rapidement suivi par une adaptation en livre, puis une trilogie, qui deviendra une pentalogie mais on parle toujours et encore de trilogie, et il y a quelques années un film. Tous sont devenus culte...

Au final, un grand moment de lecture, et j'ai hâte de commencer le tome 2...

jeudi 20 mars 2008

Les algues d'Amérique : Nosaka Akiyuki

A la suite de la tombe des lucioles, on peut trouver cette autre nouvelle.

C'est la seconde nouvelle, avec La tombe des Lucioles, pour laquelle Nosaka a reçu le prix Naoki en 1968 (le plus prestigieux prix littéraire japonnais). Traditionnellement, ces deux nouvelles sont présentées ensembles. L'histoire, très différente par son style, contraste énormémént avec la première, comme si l'auteur nous poussait à lire quelque chose de léger pour exorciser son chef d'oeuvre.

L'histoire :

Nous sommes dans les années 60. Toshio, publicitaire japonais, avait envoyé sa femme Kyoko en vacance l'année précédente à Hawaï avec leur jeune fils. Ceux-ci avaient fait la connaissance d'un couple d'américains, les Higgins. Un jour, une lettre les informe que ceux-ci font faire escale au Japon au cours d'un périple autour du monde. Kyoko se propose de les héberger durant leur escale japonais, ce qui ne ravit en rien Toshio (mais alors pas du tout). Pour lui les américains sont restés ces soldats qui ont débarqué en 1945, des diables rouges comme les nommait son ancien professeur de judo. Aussi, en attendant leur arrivée fait-il preuve d'un anti-américanisme primaire.
Mais l'idée qu'il se faisait des américains va s'en trouver ébranlée dès l'arrivée des Higgins, qui soit dit en passant se défendent en japonais. Commence alors pour Toshio un véritable challenge pour satisfaire son hôte.
Mais la cohabitation des deux couples va mal se passer...

Mon avis :

La plus grande partie de la nouvelle s'attarde sur les souvenirs et les impressions de Toshio qu'il a conservé de l'année 1945, quand les américains ont débarqués. Elle nous livre ainsi un bon tour d'horizon du japon de cette époque.
La nouvelle est légère et n'a en aucun cas ni la grandeur ni la beauté du tombeau des lucioles. C'est léger, amusant de voir cette confrontation de deux monde que Nosaka tourne en ridicule (surtout les japonais), caricatural et presque burlesque

Ça casse pas trois pattes à un lapin (désolé Manwë -pour ceux qui ne sont pas dans la confidence, Manwë est le petit lapin crétin que nous avons adopté il y a quelques mois) mais ça détend, surtout la partie où Toshio raconte sa jeunesse.

Attention, la fin est un un peu obscène... Ah ces japonais...

mercredi 19 mars 2008

La Tombe des Lucioles : Nosaka Akiyuki

Titre original : Hotaru no Haka - 火垂るの墓
Suivi de : Les Algues d'Amérique (voir le billet suivant)

Peut-être vous souvenez-vous du chef-d'œuvre du cinéma nous étant parvenu il y a quelques années de l'Empire du Soleil Levant, Le Tombeau des Lucioles - 火垂るの墓 - Hotaru no Haka, le si magnifique et terrible anime réalisé en 1988 par Isao Takahata et le Studio Ghibli (sorti en 1996 en France)?

Il est tiré d'une nouvelle semi-biographique de Nosaka, tout aussi magnifique mais tellement plus terrible... Ça faisait un petit bout de temps que je désirais la lire, mais impossible de le trouver dans les librairies parisiennes que je fréquente régulièrement. Mais dimanche, au milieu du stand des éditions Piquier, ça y est, il était là...

L'histoire:

Ce récit nous montre le cruel destin de deux enfants orphelins dans le japon à la fin de la seconde guerre mondiale. Un jeune garçon, Seita, au moment de mourir de faim, revit le moment le plus dur de sa vie : alors que sa mère vient de mourir gravement brûlée sous les bombardements américains de 1945, il est contraint d'errer avec sa petit sœur, Setsuko, et très vite leur situation se détériore inexorablement...

Mon avis :

Cette nouvelle est vraiment magnifique et terrible, et bien que je connaissais l'histoire puisque j'avais adoré l'adaptation en anime, je n'ai pas pu m'empêcher de verser une larme pour les deux jeunes enfants.

Pourtant, l'auteur se garde bien de donner un quelconque espoir au lecteur : le texte commence par la mort du grand frère, une sorte de double de l'auteur qui, dans les mêmes conditions que le jeune Seita, avait dû abandonner sa mère et laisser sa jeune sœur mourir de faim, chose dont il s'est toujours voulu.

L'écriture est assez inhabituelle pour un auteur japonnais : une prose étonnante, ample, longue, réussissant à concentrer en une seule phrase des couleurs, odeurs et dialogues, un récit très violent, très cru, mais qui trouvent ici une beauté poétique parsemé d'images quasi insoutenables. Attention pour ceux qui ont déjà vu l'anime, le livre est vraiment beaucoup plus dur, plus désespéré...

Un livre que j'ai adoré et que je conseille vivement...


Et si je n'ai pas réussi à vous faire partager mon émotion pour ce récit, en voici un extrait:
Mais déjà la faim n'était plus, la soif n'était plus, la tête pendait lourdement sur la poitrine, "Pouah, c'est dégueulasse", "P'têt ben qu'il est mort", "Quelle honte, laisser traîner ça dans la gare, alors qu'les Américains peuvent arriver d'une minute à l'autre", ses oreilles qui seules tenaient encore à la vie pouvaient distinguer toute une variété de bruits, la nuit, quand tout retournait subitement au silence : des geta résonnant dans le hall, le grondement du train passant au-dessus de sa tête, des pas s'élançant soudainement, la voix d'un petit gosse : "Mamaaan !", ou celle d'un homme, là tout près de lui, qui parle entre ses dents, le bruit des seaux d'eau déversés à toute volée par les employés de la gare, "Quel jour qu'c'est aujourd'hui ?", oui, quel jour ça pouvait-y bien être, combien d'temps qu'il était là ? dans une lueur de conscience il vit le sol en béton juste sous ses yeux, sans pour autant s'apercevoir qu'il gisait sur le côté dans une posture identique à celle qu'il avait quand il était assis, le corps plié en deux, les yeux obstinément fixés sur la fine couche de poussière qui, à la surface du sol, frémissait au rythme de sa faible respiration, et se demandant seulement "quel jour qu'y peut être, quel jour qu'c'est ?", Seita expira...