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samedi 9 janvier 2010

Histoires de Fantomes

Bakemonogatari : Histoire de Fantômes...

C'est une série de light novels japonaises - courtes nouvelles destinées au adolescents ou aux jeunes adultes - de Nisio Isin portées en anime cet automne, dans le cadre des late night anime, des séries originales passant après minuit sur les chaînes de plus petite audience destinées à l'origine essentiellement aux fans d'anime et de manga mais qui prennent de plus en plus d'importance au japon car ce créneau horaire permet plus de liberté et d'audace dans la programmation.

Koyomi Araragi était un jeune lycéen sans histoire jusqu'aux vacances de printemps, où il a été mordu par une vampire. Presque guéri de sa transformation par un étrange prêtre, il se sent depuis obligé de porté secours à ceux qui sont comme lui touchés par des maux paranormaux, possédés par des Yokai... Quatre filles: un crabe lourd, un escargot peureux, une main de singe, un bakeneko...

En fait, cet anime nous parle de l'histoire d'amour entre Senjogahara et Araragi, depuis leur rencontre - où il se rend compte qu'elle a perdu tout son poids volé par un ancien dieux, un crabe lourd qui la possède...

... jusqu'à leur véritable déclaration et de leurs amis bizarrement tous possédés par des esprits shintoistes, des mononoke du temps passé.

L'histoire est très lente, basée uniquement sur un dialogue poussé, plein de jeux de mots et de meta-humour.

Le dialogue est très lisse, recherché et soutenu, mais on frise à chaque instant avec le politiquement incorrecte, surtout pour le Japon.

Le dessin est superbe, avec de grands plans de paysages urbains magnifiques et de jeu de couleurs étonnants. La succession des scènes est très originales, faisant se succéder des scènes quasi-immobiles à des flash très violents, entrecoupés d'images "blanches" ou défilent du texte...

Une vraie réussite: pour moi, c'est l'anime de l'année 2009, et j'espère que les autres light novels de la série seront adaptées, soit en anime, soit traduites en français... Je crois qu'une autre série de Nisio Isin sera adaptée en anime ce printemps, les katanagatari.

jeudi 17 décembre 2009

La Couette de l'oubli

Voilà un livre que je désirais lire depuis un bon bout de temps... J'ai découvert Pen Of Chaos (John Lang) et son Donjon de Naheulbeuk il y a maintenant pas mal d'année, à son tout début...

Sept ans si ma mémoire est bonne, du temps du début de la première saison du Donjon de Naheulbeuk, cette saga MP3 par qui tout commença: une révélation, et je n'en démord pas depuis.

Un saga MP3, mais qu'est-ce que c'est?

Tout est parti d'un délire de rôliste que John Lang a enregistré comme un feuilleton audio-phonique et le diffuser librement sur Internet. Les influences pérussiennes sont nettement visibles, mais c'est surtout une parodie de quête rôlistique totalement loufoque.

C'est devenu un genre en soi.

J'ai découvert d'autres Saga MP3, mais peu qui puissent rivaliser avec celle-ci (une en fait, mais c'est une autre histoire, que je vous raconterais peut-être). La plupart des œuvres que POC a sucité suivent cette même veine, dans des univers différents.


Dis moi, Soïwatter, mais qu'est-ce que le Donjon de Naheulbeuk?

Sur la Terre de Fangh, un monde médiévalo-rôlistique, une compagnie d'aventuriers est mandée par le mage Gontran Théogal pour dérober dans le donjon de Naheulbeuk une statuette permettant l'accomplissement d'une prophétie. La compagnie est composé d'un ranger, d'une elfe, d'une magotte, d'un nain d'un barbare, d'un voleur et d'un ogre... Tout ce qu'il faut pour la situation dégénère au plus vite. Pour le teaser de la première saison, voir ici...

Depuis, il y a eu une seconde saison, des BD, et deux livres, dont voici le premier... Le livre correspond à la troisième saison du donjon de Naheulbeuk. Il est nécessaire d'avoir suivi les deux premières saisons (saga MP3 ou BD en découlant) pour comprendre les imprécations complexes (hum!hum!) qui se sont formées.

En résumé

Les aventuriers se sont fait berner par le mage Théogal: la statue sert en fait à plonger la terre de Fangh dans l'abîme suite au retour de Dlul, dieu du sommeil et de l'ennui... Comme s'ils ne pouvaient pas se douter qu'une prophétie n'annonce jamais rien de bon... En plus, ils se sont fait taxer une grosse partie de leurs gains par diverses confréries et administrations.
Mais le retour de Dlul n'enchante personne (ou presque)... Ils se retrouvent avec toute la Terre de Fangh à leur trousse: assassins, membres de autres cultes, et tous les aventuriers qui y voient une occasion de se faire des points d'expérience...
Une seule solution, retrouver le Mage etrécupérer les statuettes tant qu'il est encore temps...

Mon avis:

J'ai adoré retrouver la compagnie et suivre la suite de leurs aventures. Et j'attends avec impatience la suite de leur périple. L'univers est resté le même, l'humour aussi, ils sont toujours aussi pitoyables, même s'ils ne sont plus de niveau 1. Avoir une telle chance: heureusement qu'ils ne sont pas casés, sinon, c'est sûr, ils auraient des cornes...
Par rapport à la saison 2, qui, je sais, a déçu quelques uns (pas moi), on retrouve des bases rôlistique plus solides et plus marquées, comme dans la saison 1, peut-être même plus que la saison 1.

Commençons par les points négatifs, comme ça se sera fait...

On sent bien que c'est le premier roman publié de POC: dans les premières pages, l'écriture est maladroite, mais ça s'améliore grandement au fur et à mesure du roman, pour atteindre au tiers du roman une vrai plume de roman d'heroïc-fantasy... enfin de pathetic-fantasy (genre dans lequel POC excelle...)
J'aurais aussi aimé que la chute soit un peu moins abrupte. Ça n'ôte rien à sa qualité, la fin est par certains aspects inattendue (bien sûr on sait où on va car la trame est bien construite...) Mais j'aurais aimé que le dénouement ne se cantonne pas à une trentaine de pages alors que le roman en fait plus de 300..

A part ces quelques points, j'ai adoré. Au départ j'étais sceptique sur le passage au roman. Le format de la Saga MP3 est déjà assez riche et permet des effets que le roman ne peut pas. Mais le tout est vraiment réussi. Le roman apporte vraiment quelque-chose. Le synopsis est plus travaillé. On est plus dans la successions d'évènements burlesque, on a une trame bien construite, même si ça reste une farce. En plus, le roman permet d'avoir une vraie narration, et les personnages sont plus complexes. Enfin complexe: ça reste la même équipe de baltringues inexpérimentés et débiles, mais leurs portraits sont plus fouillés. Le roman permet aussi de faire des apartés montrant les pensées des différents protagonistes.

C'est une vraie réussite, et je pense que le roman suivant (l'Orbe de Xaraz) sera encore mieux maîtrisé, vu la progression de la qualité du roman au fil des pages.

J'ai hâte de le lire!

mardi 12 mai 2009

Panique au Mangin Palace

Attention! Message personnel! Panique au Mangin Palace! Je répète, panique au Mangin Palace!

Ha ha! Nous revoilà! C'est la panique en direct du Mangin Palace, épisode 161. Bienvenu à toi dans ce monde archiloufoque et total foutraque, où l'élégance se mélange au n'importe-nawaque, le tout dans une fanrandole de volutes sonores orchestrée une bande de doux dingues. La machine est prête et à priori, nous serions ce matin, selon le grégorien, le dimanche trois mai deux mille neuf, onze heures cinq, bonjour à toi, l'ami!

Avant tout ce matin, dans panique au Mangin Palace...

Voici une émission de radio que j'ai découvert il y a à peine un mois, mais qui dès la première écoute, m'a ensorcelé.
Toute l'année le dimanche sur France Inter, Phillipe Collin nous propose une revue de l'actualité pleine d'humour, avec l'aide de ses accolytes Xavier Mauduit, Thiérry Daupin et Flora Bernard. Grâce à des extraits bien choisis d'archives de l’INA, de films, de chansons et quelques témoignages, il nous raconte la société à sa façon, jouant au passage et sans vergogne avec notre mémoire collective, nous souvenirs télévisuels et radiophoniques, les bribes de culture incrustées dans notre mémoire, où chaque passage à un peu l'air d'un déjà vu proche ou lointain et n'est jamais loin des actualités françaises et mondiales... Mais sans jamais prendre parti, sans faire de politique malsaine.

Un humour actuel tranchant jouant habilement et volontairement avec le suranné. Un coup de cœur.
Et je pense que le Maître aurait pu aimer...

Note: En juin 2007, l'émission a remporté le prix du meilleur programme radio au New York Festivals. Et pour les gens comme moi qui n'écoutent pas la radio, ça existe en podcast. Allez voir sur leur site. Il existe même des archives.

lundi 19 janvier 2009

Petit détour par l'ancienne Bibliothèque Nationnale de France

Le cent-cinquantième anniversaire des relations franco-japonaises se terminent. Mais si l'art du pays du soleil levant vous intéresse autant que moi, allez passer les portes de l'ancienne bibliothèque nationale, rue Richelieu, près de la Bouse. Pour encore un mois se trouve une des expositions les plus impressionnantes d'estampes d'ukiyo-e que j'ai eu la chance de voir. Des pièces uniques, des pièces que tout le monde connaît, commencez avec moi une petite visite...

En entrant dans l'ancienne salle de lecture Mazarine, au premier étage, on tombe sur des planches d'un des plus grands maîtres : Ando Hiroshige. Et rien que là, je savais que j'avais bien fait de rentrer.


Shunsho, Utamaro, Sharaku, Eiri et Eishi, Utagawa, Morunobu, tous les grands sont là. Et tous les grands thèmes sont présentées sur plus d'une centaine d'estampes:
  • Sumotori, théatre et maisons des plaisirs




  • Beauté féminine, humour et parodie des grands classiques

  • Une sale complète est réservée au shunga, à l'estampe érotique, et si les grecs ont un complexe d'infériorité, les japonnais sont de fieffés vantards (à moins qu'ils aient de très petits bras...) Je suis restés décents dans les estampes choisies, car ces graveurs avaient un sens du d

Mais s'il ne s'agissait que de cela... Devant la crypte, une longue file attend. Si tant de gens sont ainsi attroupés, le précieux sésame à la mains qui leur fera entre le saint des saints, c'est que la Vague est là, et pas que...

Douze des trente-six vues du mont Fuji de Hokusai sont là... Dont en passant, la vue du mont Fuji à partir d'une plantation de théiers...


Sans compter des planches de la Manga, quelques-une des plus belles stations de la route du Tokaïdo, et deux vues du tourbillon de Naruto...





Allez, cherchez la sauterelle...

Alors, si vous aimez la culture japonaise, courrez à la BnF...

mercredi 31 décembre 2008

Encres de chine: Qiu Xiaolong

Et c'est ainsi que je termine mon Challenge ABC 2008... Juste dans les temps!

L'inspecteur Chen, ancien universitaire à la tête du service des enquêtes spéciales de la police de Shanghai, a officiellement pris des vacances pour se consacrer à la traduction d'une proposition commerciale d'un projet d'urbanisme pharaonienne. Une offre particulièrement généreuse que l'on ne peut refuser, surtout lorsque l'on est employé par l'état en Chine dans les années 90: une somme importante, des avantages en nature et les services d'une petite secrétaire, une xiaomì, jeune étudiante avec qui il avait dansé dans une boite branchée.

Mais une affaire particulièrement brûlante tombe: Yue Lige, une ancienne garde rouge, devenue dissidente après la publication d'un roman autobiographique sur ses années de rééducation lors de la Révolution Culturelle, a été assassinée. Le gouvernement, qui souhaite en effet étouffer cette affaire et se décharger de toute implication politique, fait pression pour qu'un coupable soit rapidement arrêté. Aussi son adjoint, l'inspecteur Yu est seul à bord pour cette enquête délicate, aidé toutefois par sa femme Peiqin, grande lectrice, et par Chen qui tient à ce que son inspecteur ne soit pas seul dans la gueule du loup.

Entre affaires de voisinages dans une shikumen, bâtiment typique de Shanghai où se voit entassé sous le régime communiste un grand nombre de familles dans des chambres exiguës autour d'une cour centrale bruyante, et fastes des nouveaux riches branchés, cette affaire nous plonge dans la littérature chinoise classique.

Ce roman nous propulse dans un un univers gourmand où la gastronomie shangaïenne est décrite avec une précision gouleyante, nous fait côtoyer les grands poëtes classiques et ravive les souffrances de la Révolution Culturelle dont les plaies ne sont pas encore refermées trente ans plus tard, malgré l'ouverture à l'Occident, et en fait presque une satire sociale en mettant en exergue le fossé entres les nouveaux riches et les anciens pauvres. Un roman à l'écriture très intelligente, bien écrit et entraînant, nous faisant dans un monde que l'on ne connaît pas et nous faisant ressortir de cette lecture bien moins idiot.

Rien que pour la découverte de la culture chinoise, je le conseillerais. Lorsque dessus est greffé une enquête bien ficelée, je ne dirais qu'une chose, foncez.

vendredi 7 novembre 2008

Cito, Longe, Tarde

Voici un livre que je ne pensais pas lire, très loin de mes lectures habituelles... Cito, Longe, Tarde: Vite, Loin, Longtemps, voici les conseils d'Hippocrate pour se prémunir contre la peste, et les seuls que l'on connaissais au moyen-âge, à part le diamant porté à l'annulaire gauche.

Pars vite et reviens tard... Je me suis donc lancé dans ce roman de Fred Vargas, et je l'ai dévoré.

Pour avoir rossé un armateur responsable de la mort de deux marins, Joss Le Guern, capitaine du chalutier Le Vent de Norois, a connu la prison, puis le chômage avant d'échouer à Paris et de devenir "crieur", place Edgar Quinet. Trois fois par jour, Joss relève les messages, accompagnés de pièces ou de billets, que ses clients ont déposés dans sa boîte et, trois fois par jour, perché sur une estrade, il crie les nouvelles devant les habitués du quartier. Un jour, Joss découvre dans sa boîte une étrange missive qui se révèle inquiétante. Au début, il ne pensais pas la lire, mais bon, chez les Le Guern, on est peut-être des brutes, mais on n'est pas des brigands. Et il la lit. Et les messages reviennent... Un plaisantin ou un cinglé ? Son ancêtre murmure à son oreille : " Fais gaffe à toi, Joss. Il n'y a pas que du beau dans la tête de l'homme. " Certains textes sont en latin, d'autres semblent copiés dans des ouvrages vieux de plusieurs siècles. Mais tous prédisent le retour d'un fléau venu du fond des âges...

En théorie, c'est un polar... Mais ce texte est étonnant: une histoire très recherchée, un enchevêtrement de personnages, et aucun n'est laissé de côté, tous fouillés en profondeurs, et chacun a la part belle. L'écriture est un peu noire, poussée dans la psychologie de personnages qui n'ont pas été épargnés par la vie, et pleine de savoir... Lorsqu'on entre dans l'histoire, on ne peut en sortir. Un coup de coeur inespéré... Et un auteur que je veux maintenant découvrir.

lundi 3 novembre 2008

La Porte de la Paix Céleste, Shan Sa

La porte de la paix céleste, ça ne vous dit rien? Allez, faites un effort: en chinois, ça se dit Tien'Anmen...

Zhao le soldat, autodidacte inflexible dévoué au régime, et Ayamei la révoltée, chef de file du mouvement étudiant, courent dans les rues sombres de Pékin. La Place de la Paix céleste est couverte du sang des étudiants. Du sang des enfants de la Chine moderne, élevés dans l'idéologie étouffante du régime maoïste. Ayamei se cache, quitte Pékin, parcourt des milliers de kilomètres, fuit vers la montagne. Inlassablement Zhao suit sa piste. Son acharnement est à la mesure de sa foi dans le régime : aveugle et sans limites. Mais au long du chemin, le soldat tombe sur différents écrits que la jeune fille sème derrière elle. Au terme de cette longue traque, Zhao se laissera-t-il contaminer par la beauté et la poésie ou choisira-t-il d'ignorer la voie qu'Ayamei est en train de découvrir ?

Voici un livre que je voulais lire depuis un certain temps. Une fois encore, Shan Sa nous emmène au beau milieu d'une période trouble de l'Histoire de Chine, le mouvement du 4 juin, qui a vu une manifestation étudiante se faire réprimer dans le sang. Ce livre nous parle d'un événement qui a marqué la vie de Shan Sa:
"Après l’événement Tian An Men, j’ai choisi de renaître en France."

Les mêmes éléments que dans la Joueuse de Go sont rassemblé dans cette traque. Le destin de deux jeunes gens que tout oppose, pour ne pas dire tout affronte, et l'alternance des points de vue au fil des chapitres. On s'attache aux deux jeunes gens dont on sait qu'ils ne pourront se rencontrer que dans la douleur. Même si nous euopéens, nous ne pouvons que prendre partis pour la belle Ayamei, avec tout ce que sa cause puis sa fuite a d'héroïque et de romantique, il nous est impossible de ne pas comprendre le jeune soldat.

Ce livre est une pure merveille que je recommande, à tous ceux qui veulent voir la chine par l'autre bout de la lorgnette, et à tous ceux qui aiment les amours poétiques impossibles .

Ce livre a reçu le prix Goncourt du premier roman en 1998.
Elle nous parle de son livre ici.

mardi 21 octobre 2008

Des chrétiens et des maures: Daniel Pennac

Un matin, le Petit a décrété: "Je veux mon papa." Il a repoussé son bol de chocolat et j'ai su, moi, Benjamin Malaussène, frère de famille, que le Petit n'avalerait plus rien tant que je n'aurais pas retrouvé son vrai père. Or, ce type était introuvable. Probablement mort d'ailleurs. Après deux jours de jeûne le Petit était si transparent qu'on aurait pu lire à travers. Mais il repoussait toujours son assiette: "Je veux mon papa."

Tant que le petit voulait son papa, il n'y avait rien de grave, quoique cela pouvait être surprenant dans la Famille Malaussène. Il y avait dans cet indicatif une simple demande. Mais cet indicatif s'est transformé en conditionnel, et Benjamin, quoiqu'habitué à sa famille exceptionnelle, prend peur... Je préfèrerais mon papa! Cette ordre poli mais intransigeant lui fait craindre que son jeune frère ne soit atteint de Bartelbisme... les faits lui donnant de plus en plus raison.

Alors, aidé de son ami Loussa de Casamance, un lettré sénégalais spécialiste de littérature chinoise, il va partir dans ses souvenirs à la recherche du père du Petit, entre mafia, grabat, ténia et littérature.

Ne vous fiez pas au nombre de pages, cette minuscule nouvelle est du très grand Pennac, du très grand Malaussène. On se laisse charmer dès la première page, et on est déçu à la dernière, déçu que ça se finisse déjà! Avec un clin d'oeil à un autre grand écrivain, Jerome Charyn... Un livre que je relis tous les deux ans... Si vous ne connaissez pas la famille Malaussène, courrez lire cette nouvelle fraîche et pleine d'humour.

Notez que le clin d'oeil a été rendu par Charyn dans son roman, Appelez-moi Malaussène, que j'ai hâte de trouver et de lire...

lundi 20 octobre 2008

Petit dictionnaire chinois-anglais pour amants: Xiaolu Guo

Zhuang Xiao Qiao, jeune chinoise de 23 ans, vient d'arriver à Londres. Ses parents, fabricants de chaussures à Wenzhou, une petite ville Zhejiang de 7 millions d'habitants, ont décidé de l'y envoyer pour qu'elle apprenne l'anglais et puisse les aider dans leurs affaires. Miss Z (son nom est totalement imprononçable pour un anglais) arrive dans cette ville impersonnelle et individualiste. Ses difficultés en langue et les différences culturelles avec les autres élèves de son école la pousse de plus en plus dans la solitude, jusqu'à ce qu'elle rencontre un homme, un quadra désabusé par la vie et à sa grande horreur (surtout pour une fille de paysans chinois amateurs de viande de porc) végétarien chez qui elle emménagera sur un quiproquo et dont elle tombera amoureuse...

Dans une langue approximative toujours craquante, nous suivons le journal de cette jeune chinoise, ses progressions à la découverte de la langue et surtout de l'amour. Un journal fondé sur les mots, présenté comme un dictionnaire, ces mots qui lui manque toujours et dont elle est tellement avide...

Malgré des débuts très difficiles à lire, c'est un véritable bijou que nous offre Gao Xiaolu...

L'avis de Yueyin qui m'a donné envie de lire ce livre.

mardi 30 septembre 2008

La Chanson de Charles Quint : Erik Orsenna

Dimanche soir, en ramenant mes parents Gare de l'Est après un rare Week-End en famille, Célia ne m'a pas permis d'emprunter les raccourcis habituels, m'entraînant à travers la salle des pas perdus en direction de... la librairie Payot. En entrant, tout en répétant dans ma tête Non! Tu n'achètera pas de livre! Non! Tu n'achètera pas de livre!, je suis tombé au beau milieu des sorties littéraires sur le nouvel Orsenna. Et je l'ai acheté... (enfin Célia me l'a acheté donc ça ne compte qu'à moitié)

Je pense qu'il ne faut pas préciser qu'Orsenna est l'un de mes auteurs préférés comme peu d'autres. Et je tombe sur une sortie littéraire dont je n'avais pas entendu parler? Malgré mes accès privilégiés à la base Electre? Non, c'est pas possible! Date de parution: mars 2008... Mars 2008? Il y a quelque chose qui cloche... Depuis un an que je suis différents blogs littéraires, il me semble qu'il n'y a que peu de sortie littéraire important qui me soient totalement inconnues... Et pourtant ce roman est totalement passé sous silence. Il me faut dès à présent réparer une telle injustice...

Ils étaient deux frères. Le cadet n’avait eu qu’un amour. Un seul amour depuis la jeunesse. Un amour un moment parti. Et puis revenu. Et puis épousé, trente ans plus tard, pour entrer ensemble dans la vieillesse. Peut-être aussi pour regarder avec moins de vertige le temps qui s’en allait ? L’aîné, dans ses jours les plus optimistes, se persuadait que lui aussi avait aimé. Était-ce sa faute si cet amour, la force d’amour qu’il portait en lui, s’était morcelé en de multiples, trop multiples visages, en de divers, trop divers et trop semblables corps ? Les autres jours, tous les autres jours et toutes les nuits, sans exception, il savait qu’il n’avait pas aimé. Ainsi vivaient les deux frères, dans la même ville mais chacun d’un côté du fleuve : le frère à l’amour morcelé (l’aîné) et son cadet (le frère à l’amour unique).

Ce livre est une histoire d'amours. L'amour fraternel que porte Erik Orsenna a son frère, difficile, antagoniste, mais toujours présent. Et l'amour qu'il porte à son soleil, rencontré après de longues années d'errance et d'amour morcelé, de rencontres passagères. Mais cette femme est morte seulement quatre ans après leur rencontre.

Comment vous expliquer d'un mot, vous qui ne l'avez pas connue ? Comment la saluer au plus juste, maintenant qu'elle n'est plus. Quel portrait d'elle puis-je toujours garder sur moi, que personne ne me vole, et pas même la vie qui passe ? J'ai cherché des ressemblances parmi les êtres humains, parmi les animaux et les plantes.

Et je n'en ai pas trouvé.
J'ai dû regarder ailleurs.
J'ai dû lever haut les yeux.

Cette femme était un soleil.

Dans ce roman, Orsenna rend hommage à cette femme qu'il a tant aimé. Il nous raconte son passé sans elle, son passage si fugace dans sa vie. Il nous conte sa mort, la déchirure, la longue recherche du fantôme de son aimée, tout autour de la terre, dans toutes les religions, les sciences... Et ce deuil qu'il n'arrive pas à commencer. Il nous raconte la persistance rétinienne où il voit encore sa femme. Qu'il va finalement croiser au détour d'une salsa. Et finalement le retour à la vie, entouré de ses amis qui essaient de le reconstruire.

Ce roman est une merveille... Émouvant, tendre, plein d'émotion, d'humour et d'auto-dérision. Et écrit avec cette langue toujours si belle, imagée, poétique, où l'on a l'impression que chaque mot est à sa place et que l'on aurait pu y mettre aucun autre. Je l'ai littéralement dévoré... Et j'ai adoré...

dimanche 14 septembre 2008

Une si jolie robe...

Lorsque Miao Yan et Ming se rencontrent, l'attirance est immédiate. Pourtant elles ont bien peu de choses en commun, si ce n'est qu'elles étudient dans la même université de Canton. Ming a dix-sept ans. Elle est naïve et solitaire. Fille de professeurs en université qui ont durement subi la révolution culturelle, ils ont été envoyés dans une ferme retranchée où elle a mené une enfance bercée par les rares livres interdits que ses parents ont pu sauver. Aussi elle vit dans un monde fait de livre, de musique et d'imagination. Miao Yan a vingt-quatre ans. Elle appartient à la minorité Miao, une minorité paysanne pauvre du nord du Yunnan. Elle est belle, sexy, rebelle, provocante et manipulatrice. Les deux jeunes filles appartiennent à des mondes totalement différents qui ne se rencontre que très rarement. Leur rencontre sera brève, intense et changera à tout jamais la vie de Ming. Ce livre est l'histoire débordante de passion, de vitalité et d'espoir d'une amitié jusque-boutiste, troublante à souhait, frisant à de nombreuses reprises avec une relation amoureuse... une amitié adolescente ordinaire quoi!

La quatrième de couverture ment un peu en insistant sur l'homosexualité de leur relation; même si toute l'histoire tourne autour de l'ambiguïté de leur amitié, c'est la subtilité et l'originalité de leur amitié que je retiendrais. Ce livre est aussi un témoignage impressionnant de l'éducation des filles en Chine, du peu qu'elles savent de la vie. Pour Ming et ses amies/colocataires, le choc de l'arrivée à l'université est impressionnant.

J'ai lu ce livre parce que Célia venait de le lire, qu'elle me le conseillait, et qu'elle voulais avoir mon avis... Ce livre est tout simplement magnifique. L'écriture est simple forte, beaucoup plus européenne que les autres romans asiatiques que je lis en ce moment. L'auteur Wu Fan, a écrit ce roman en anglais pour s'habituer à sa nouvelle langue. Étonnamment, son histoire ressemble énormément à l'histoire de Ming: ses origines, son passage par l'université Sun Yatsen, son départ pour les états unis vers la fin des années 90 pour les Etats-Unis.

Une histoire que je vous conseille! Un vrai coup de cœur pour moi. J'ai hâte de découvrir d'autres livre d'elle dès qu'ils sortiront... Ici, un petit interview de l'auteur, en anglais.

La rentrée littéraire commence visiblement bien pour moi!

mardi 26 août 2008

La Dame à La Licorne


Désireux d'orner les murs de sa nouvelle demeure parisienne, le noble, Jean Le Viste commande une série de six tapisseries à Nicolas des Innocents, miniaturiste renommé à la cour du roi de France, Charles VIII (vous savez, celui qui est mort car il était tellement excité d'avoir gagné aux cartes qu'il s'est fracassé la tête sur un linteau de porte en pierre).

Le commanditaire est riche, il rêve de grandes scènes de chasse et de batailles. Surpris d'avoir été choisi pour un travail si éloigné de sa spécialité, l'artiste accepte après avoir entrevu la fille de Jean Le Noble dont il s'éprend. Elle deviendra l'inspiratrice et le modèle des tapisseries. Cette passion entraînera Nicolas dans le labyrinthe de relations délicates entre maris et femmes, parents et enfants, amants et servantes.


Dans ce roman, Tracy Chevalier nous entraîne dans l'univers mystérieux de la création d'un chef-d'œuvre magique, la Dame à la licorne, certainement la tapisserie la plus connue au monde, que j'avais eu l'occasion de la voir l'an dernier lors d'une visite au musée Cluny.

Entre l'univers des lissiers bruxellois du XVeme siècle et le fossé profond entre la noblesse et la roture, l'auteur nous entraîne à travers cette oeuvre dans une France entre moyen-âge et renaissance. Une fiction basés sur des faits véridiques, extrêmement bien documenté. Une écritures très belle et très fluide, alternant les points de vue des personnage (toutes les phase successive de l'histoire sont vues à travers les yeux d'un protagoniste différent, ce qui donne de la vie au roman). On suit ainsi la génèse d'une oeuvre, les problème, les relations et les amours des différents personnages... J'ai adoré.


Avec un petit coup de coeur pour Aliénor, la jeune fille aveugle du maître lissier.

Et vous, qu'en avez-vous pensé?


Les avis de Loutarwen et Karine.

vendredi 22 août 2008

Deux fois n’est pas coutume : Janet Evanovich

Stéphanie Plum est chasseuse de prime... Enfin débutante... Très débutante... Elle a quand même réussi à faire ses preuves et à faire parler un peu d'elle dans le Bourg de Trenton grâce à l'affaire Morelli. Sa spécialité : ramener les libérés sous caution récalcitrants au tribunal... contre 10% de la caution. Généralement de petits dealers à la manque trop camés pour résister, ou bien des petits délits où les prévenus ont oubliés leur convocation au tribunal. Ce qui lui permet de liquider les factures les plus importantes et de payer les traites de sa nouvelle voiture. Un job sans grande surprise... Sauf quand il s'agit de mettre la main sur Kenny Mancuso, le cousin de Joe Morelli. Un vrai coriace... qui a tiré une balle dans la jambe de son meilleur ami, un ami soit dit en passant retrouvé mort quelques jours plus tard. A cela s'ajoutent une affaire de trafic d'armes, des cadavres dont les morceaux sont envoyés à Stéphanie... Sans compter les quarante cercueils disparus d'une entreprise de pompes funèbres. Un vrai casse-tête. Évidemment, tout irait mieux si Morelli, flic et pot de colle, n'était pas toujours pendu à ses basques. Heureusement, Stéphanie à une grand-mère qui s'y connaît en flingues et en salons funéraires.

Encore une fois, c'est hilarant... Du début à la fin... Stéphanie Plum reste le même boulet que dans la Prime, et toutes les crasses les plus inimaginables lui arrivent. Mais si ce n'était que ça: affublée d'une Buick 1953 bleue peu discrète idéale pour les filatures, elle doit aussi composée avec une famille originale, une mamie improbable funérariophile et totalement déjantée, le flic de son coeur (Morelli), une ex-prostituée noire reconvertie en employée de bureau et accoutrée comme Shirley Temple, mais en pire, et j'en passe.

Voilà une série qui a bien commencée, et qui continue sur la même lancée...

lundi 28 juillet 2008

Une parfaite chambre de malade : OGAWA Yokô

Lorsqu'on lit une nouvelle d'Ogawa, on est tout de suite frappé par cette atmosphère doucereuse qui raconte une vérité humaine grave et souvent tragique... Les personnages semblent survoler la scène, tout en étant fortement affligés. Une espèce de dépression latente, ou tout du moins un gros problème psychologique (autre point sur lequel l'auteur joue fortement). A leur place, on aurait envie de hurler notre douleur, notre malaise, il y a quelque chose qui cloche, qui semble anormal, inhumain, amoral... Et pourtant, est-ce vraiment ça la réalité, cette image bien figée de la bien-séance de la douleur. Ou bien Ogawa a-t-elle raison? Réagira-on comme on le pense face aux situations que nous dépeint l'auteur? Dans ces situations familiales tragiques, les personnages qu'elle nous décrit ont peut-être plus de réalité que nous...

Cette parfaite chambre de malade ne fait pas exception... Une jeune femme apprend que son petit frère de 21 ans, atteint d'une leucémie fulgurante, n'a plus qu'une année à vivre. Elle suit sa progressive et ineluctable dégénérescence et peu à peu elle découvre la force de cet amour fraternel qu'elle n'avait jusqu'alors jamais remarqué. Chaque jour, elle vient l'aider à manger, à s'apaiser et le regarder dormir. Et nettoyer derrière lui... Sa manie maladive de la propreté, sa phobie de la pourriture, provenant de l'horreur de voir sa mère s'enfoncer dans une maladie débilisante au point de laisser les légumes se décomposer dans la maison, font passer cette chambre d'hôpital pour un cocon de pureté originelle. Avec pour seule réconfort le jeune médecin qui s'occupe de son frère, beau comme un nageur (son premier amour était un nageur), dans les bras duquel elle finira par se laisser pleurer... Et toujours l'amour et la mort qui se rencontre à chaque coin de page, comme dans une ronde sans fin... enfin si, la mort inéluctable du frère...

Une nouvelle magnifique avec en toile de fond le douloureux passage de la vie à la mort. Et toujours cette écriture parfaite, où rien ne manque, où rien ne dépasse de Yokô Ogawa...

L'avis de Katell

vendredi 25 juillet 2008

La prime: Janet Evanovich

La première enquête de Stephanie Plum!

Voici une la critique d'un livre lu il y a plus d'un mois et qui trainait dans ma PAL depuis mon retour de Londres en Février. Je m'étais fait ce petit cadeau dans un grande libraire de Charing Cross. Mais bon, la vie va tellement vite en ce moment et ma pile de dossier s'amoncelle tellement dangereusement au travail que j'en délaisse un peu ce blog (pas bien!) et mes lectures (encore moins bien!). J'ai quand même eu la chance de lire quelques merveilles ces derniers temps, et en voici une (je pense que beaucoup d'entre vous pensent comme moi)! Un bijou d'hilarité!

Adieu froufrous, adieu dentelles! La lingerie c'est fini (c'était son ancien métier). Stéphanie Plum, trente ans, divorcée (après avoir surpris son mari s'ébattant avec une fille du Bourg, quartier de Trenton ou Stéphanie avait passé son enfance...), n'a plus de boulot. Sa télé et ses meubles sont au clou, son frigo est vide, sa voiture vient d'être saisie par la banque et elle se désespère. Son seul réconfort, c'est son hamster (moi je l'aime bien ce hamster).

Heureusement, il y a son cousin Vinnie ! Il dirige une agence de cautionnement et doit changer d'assistant aussi souvent qu'il essaie de la culbuter entre deux armoires! (C'est dire que c'est le turn over chez ses secrétaires) Sa mère la pousse à lui demander un boulot de secrétaire... Mais la place est déjà prise! Connie, l'assistante de Vinnie et un amie d'enfance, lui dit que le chasseur de prime qui devait se charger du cas Morrelli (un flic verreux accusé de meurtre qui défrayait la chronique du Bourg où il avait été un enfant terrible) avait attéri à l'hôpital... La prime se montait à 10000$...

Stéphanie, comme toujours forte tête, saisis l'occasion contre l'avis de Vinnie et de sa mère, et part à la poursuite de Joe Morelli. Mais c'est un malin, un dur, un séducteur... D'ailleurs, ce ne serait pas le même Joe Morelli qui joua à touche pipi avec elle quand elle avait huit ans? Ne serait-ce pas le même Morelli qui l'avait prise un soir après la fermeture derrière le comptoir de la patisserie où elle travaillait lorsqu'elle avait 16 ans puis avait filé sans demander son reste? (le vocable de ma description est un peu cru mais en anglais dans le texte ce n'est gère mieux!)

Une raison de plus pour le retrouver !

Et un champion de boxe violeur et tortionnaire, ce n'est pas ça qui l'en dissuaderait!

Stéphanie Plum est l'archétype même de l'anti-heroine, la chasseuse de prime non professionnelle comme pas deux! Si une connerie peut lui arriver, si elle peut tomber dans un traquenard, si elle peut froisser un violeur fou, eh bin! Pourquoi s'en priver? Le pire, c'est qu'elle le chercherait presque! Le boulet, quoi! C'est comme son histoire avec Joe Morelli! Ce livre est un véritable chassé croisé entre Joe et Stéphanie sur qui elle tombe à chaque coin de rue sans jamais pouvoir lui mettre la main dessus et qui la mènera beaucoup plus loin qu'elle ne l'aurait jamais imaginé...

Politiquement incorrect, hilarant, rondement bien ficelé, ce livre est un must à lire absolument! Mais attention, on devient vite accros (je suis en passe de lire le troisième de la série!)


Les avis de Serial Lecteur, Yueyin, Papillon, Chimère, Katell et Caro[line]... Aucun ne dément!

PS: lu en anglais mais je le déconseille, c'est pas ce qu'on nous apprend à l'école!

vendredi 18 juillet 2008

L'Assassin Royal, L'Apprenti Assassin (T.1) : Robin Hobb

Ce blog ne le reflète peut-être pas, mais j'ai longtemps été un grand fan de fantasy. Je le suis toujours autant mais mes lectures actuelles m'ont mené sur des chemins différents, m'ont fait prendre des chemins de traverse vers d'autres mondes littéraires. Pourtant je n'avais jamais lu l'une des maîtres-œuvres. Tout autour de moi, tout le monde en parlait. Même mon grand-père, grand lecteur mais cantonné à des lectures beaucoup plus conventionnelles pour son âge, qu'il a bien beau du haut de ses 87 ans, avait suivi les traces de Fitzchevalerie Longvoyant. Mais c'est maintenant chose réparée, je dévore ce cycle incroyable, ce "diamant dans un océan de zircon" comme le dit si bien George R. R. Martin. Alors avec moi je vous invite à entrer dans l'univers de L'Assassin Royal...

Depuis des générations la dynastie des Loinvoyants règne sur les Six Duchés. Le roi Subtil a trois 3 fils: le roi-servant Chevalerie, le prince Vérité et le prince Royal. Le nom de chaque Loinvoyant est celui d'une vertu dont il fera preuve, malgré lui, tout au long de sa vie.

Un jour d'hiver un enfant est laissé par aux portes d'un château où se trouve le prince Vérité, abandonné sans nom par son grand-père avec pour seul explication que l'enfant était pour lui un trop lourd fardeau et qu'il était grand temps que le roi-servant Chevalerie s'occupe de son batard. Fitz (nom donné aux batards royaux en Angleterre) n'avait alors que six ans. Vérité décide de garder Fitz au château. Inquiet pour la sécurité de ce fils illégitime, Chevalerie abdique de son rang de roi-servant bien avant que Fitz n'arrive à la cité royale. Cet évènement bouleverse la vie de la cour alors même qu'un terrible péril menace le royaume.

Le bâtard va devenir l'homme lige du roi. Il apprendra aussi en secret la science des poisons, les techniques d'espionnage et le meurtre, et deviendra l'assassin royal. Mais il devra également faire face à de puissants ennemis ainsi qu'à son tragique destin.

Ce cycle est un chef-d'oeuvre, je l'ai commencé il y a un mois et j'en dévore déja le troisième tome... Je n'arrive pas à m'arrêter, presque une drogue que de vouloir connaîre le destin du jeune Fitz...

Robin Hobb maîtrise les arcanes de la fantasy sans entrer dans les caricatures grotesques. Un univers médiéval maîtrisé à la perfection, une magie en pointillé qui a rien de spectaculaire mais qui conditionne le fil conducteur du roman, des relations entre les personnages complexes, un mélange de passages sombres et de passages légers... Du grand art... Qui se laisse dévorer...
Et que je recommande à tous, à ceux qui veulent lire de la bonne fantasy, à ceux qui veulent découvrir cette littérature...

C'est pour moi un grand coup de coeur...


L'avis de Loupiote (Au fil des mots)...

lundi 30 juin 2008

Le Livre du Thé : Okakura Kakuzô

Il y a dans le goût du thé comme un charme subtil qui le rend irrésistible et propre à être sublimé. Le thé n’a ni l’arrogance du vin ni l’affectation du café – et encore moins l’innocence minaudière du cacao.

Il y a maintenant un peu plus d'un siècle, Okakura Kakuzô, un universitaire japonais en poste à Boston, va nous livrer dans cet essai une courte initiation à la pensée orientale, alors que les deux mondes commencent à se rencontrer et ne se comprennent pas vraiment.

Pour cela il va choisir une simple plante, le théier. Et autour de cette plante, du breuvage que l'on en tire et de l'influence qu'elle a eu dans le développement de la culture japonaise, il nous donne des clefs pour entrapercevoir plus justement la pensée orientale.

Cela peut paraître réducteur, mais il y a dans le thé toute la synthèse de la culture, de l'histoire et de la pensée asiatique: Bouddhisme Zen, Taoisme...

Autour de cette coupe de l'humanité, il va nous faire suivre la grande aventure du thé, son histoire: le thé bouilli des Tang, le thé pulvérise des Song, le thé infusé des Ming, il va nous faire entrer dans une chambre de thé (maison des fantaisie), cet oasis dans le désert morne de l'existence, il va nous montrer l'art de fleur, de l'écriture, de l'architecture...

Un hymne à la simplicité, à la beauté, au cha-no-yu (littéralement l'eau chaude du thé...)

Ce n’est qu’au sein du vide que demeure l’essentiel. La réalité d’une chambre, par exemple, se découvre dans l’espace vide défini par les murs et le plafond eux-mêmes. L’utilité de la cruche réside dans son espace vide, capable de contenir l’eau, non dans sa forme ou sa matière. Le vide est tout-puissant parce qu’il embrasse tout. Ce n’est qu’au sein de la vacuité que le mouvement devient possible.

Il s'agit désormais d'un classique, pour tout amateur de thé et un livre que je vous recommande.

Tout cela autour d'une bonne tasse de thé...

lundi 16 juin 2008

Tsubame : Aki Shimazaki

Ça y est, je suis officiellement de retour après une petite panne qui m'a éloigné de ce journal de lecture pour quelques mois... Je reviens donc avec le troisième tome du Poids des Secrets d'Aki Shimazaki, qui trainait depuis un bout de temps dans ma PAL...

L'histoire débute lors du Kanto Daishinsai, le terrible tremblement de terre qui va raser toute la région de Tokyo le premier septembre 1923 et faire des centaines de miliers de morts de disparus et de blessés. Yonhi a tout juste 12 ans. Ses parents, des activistes indépendantistes, avaient fui la Corée sous le joug japonais pour Tokyo. Yonhi vit seule avec sa mère qui lui fait la classe et son oncle (son père aurait disparu avant sa naissance).

Suite à la catastrophe, les japonais en quête de bouc-émissaires, massacrent des milliers de coréens. C'est alors que la mère confie sa fille à un orphelinat chrétien (tenu par un prêtre surnommé Tsubame, ce qui signifie hirondelle) et fait rebaptiser sa fille du nom japonais de Mariko Kanozawa, avant de partir à la recherche de son oncle. Yonhi ne reverra jamais sa mère.

A la fin de sa vie, alors qu'elle est veuve, mère d'un chimiste et grand-mère de trois petits-enfants, le mystère de sa naissance lui est dévoilé : le prêtre catholique qui l'avait recueillie dans son église lors du tremblement de terre, surnommé monsieur Tsubame, était-il l'instrument du destin qui a permis à cette hirondelle de s'élancer hors du nid ?

Nous voici plongés dans le troisième tome du poids des secrets... Au début rien ne relie cette nouvelle aux trois autres romans, à part ce nom Mariko... Car c'est bien l'histoire de la mère de Yukio que l'on va apprendre, ses origines et l'un de ces secrets originels qui vont sceller le destin de cette famille. Comme pour les tomes précédents, on retrouve cette atmosphère dure mais émouvante, subtile, épurée, lente et pleine de délicatesse qui nous transporte dans un grand moment de lecture. Avec ce nouveau tome, c'est pour moi un coup de cœur qui continue...

Les avis de Loutarwen, Papillon, Katell, Jules... Toutes aussi subjugués par cette série que moi...

vendredi 4 avril 2008

Harry Potter and the Half-Blood Prince : J.K. Rowlings

Ça faisait longtemps que le sixième opus du jeune sorcier traînait sur mes étagères. J'avais déjà commencé à le lire, mais je n'avais pas réussi à le finir. Non pas que le livre m'ennuyait, bien au contraire, mais c'est comme ça, la dure loi de la vie nous fait parfois arrêter nos lecture en plein milieu pour mille et une raison qu'on ne peut explique... Certainement trop de travail.

Mais ça me turlupinait beaucoup de ne pas avoir continué cette série que j'affectionne comme beaucoup de monde. J'avais dévoré les 5 premiers opus dès la sortie du cinquième tome. Eh, oui! Ce n'est qu'à l'âge de 19 ans que je mes suis plongé dans cette série de livres pour enfant dont on disait tellement de bien. A l'époque, je dévorais les livres de Fantasy, particulièrement ceux de Tolkien (j'ai lu 5 fois en anglais tout le cycle du seigneur des anneaux...)

Je ne m'étendrais pas beaucoup sur l'histoire, tout le monde la connais, et parler de cet opus serait un peu faire du spoiling (il y en déjà tellement eu et c'est bien dommage... dire qu'un présentateur de télévision a révélé la fin du dernier tome le surlendemain de sa sortie... SHAME ON YOU!!!)

Tout ce qu'il y a à dire, c'est que le jeune Harry a grandit avec nous, que l'écriture et l'histoire aussi a pris de la maturité... Rien de bien extraordinaire dans cet opus, mais l'écheveau est en train de se démêler...

Chaque tome successif m'a semblé meilleur... peut-être que le premier était vraiment trop un livre pour jeune pré-adolescent? Avec le sixième, on entre dans de la très bonne littérature jeunesse. L'atmosphère est plus sombre, l'histoire plus complexe que dans les précédents... En plus, cette ambiance de Fantasy, je l'affectionne particulièrement, même si cela fait des années que je ne me suis plus plongé dedans...

Et j'ai hâte de lire la suite... incessamment...

Les avis d'Allie et de Kalistina

mercredi 19 mars 2008

La Tombe des Lucioles : Nosaka Akiyuki

Titre original : Hotaru no Haka - 火垂るの墓
Suivi de : Les Algues d'Amérique (voir le billet suivant)

Peut-être vous souvenez-vous du chef-d'œuvre du cinéma nous étant parvenu il y a quelques années de l'Empire du Soleil Levant, Le Tombeau des Lucioles - 火垂るの墓 - Hotaru no Haka, le si magnifique et terrible anime réalisé en 1988 par Isao Takahata et le Studio Ghibli (sorti en 1996 en France)?

Il est tiré d'une nouvelle semi-biographique de Nosaka, tout aussi magnifique mais tellement plus terrible... Ça faisait un petit bout de temps que je désirais la lire, mais impossible de le trouver dans les librairies parisiennes que je fréquente régulièrement. Mais dimanche, au milieu du stand des éditions Piquier, ça y est, il était là...

L'histoire:

Ce récit nous montre le cruel destin de deux enfants orphelins dans le japon à la fin de la seconde guerre mondiale. Un jeune garçon, Seita, au moment de mourir de faim, revit le moment le plus dur de sa vie : alors que sa mère vient de mourir gravement brûlée sous les bombardements américains de 1945, il est contraint d'errer avec sa petit sœur, Setsuko, et très vite leur situation se détériore inexorablement...

Mon avis :

Cette nouvelle est vraiment magnifique et terrible, et bien que je connaissais l'histoire puisque j'avais adoré l'adaptation en anime, je n'ai pas pu m'empêcher de verser une larme pour les deux jeunes enfants.

Pourtant, l'auteur se garde bien de donner un quelconque espoir au lecteur : le texte commence par la mort du grand frère, une sorte de double de l'auteur qui, dans les mêmes conditions que le jeune Seita, avait dû abandonner sa mère et laisser sa jeune sœur mourir de faim, chose dont il s'est toujours voulu.

L'écriture est assez inhabituelle pour un auteur japonnais : une prose étonnante, ample, longue, réussissant à concentrer en une seule phrase des couleurs, odeurs et dialogues, un récit très violent, très cru, mais qui trouvent ici une beauté poétique parsemé d'images quasi insoutenables. Attention pour ceux qui ont déjà vu l'anime, le livre est vraiment beaucoup plus dur, plus désespéré...

Un livre que j'ai adoré et que je conseille vivement...


Et si je n'ai pas réussi à vous faire partager mon émotion pour ce récit, en voici un extrait:
Mais déjà la faim n'était plus, la soif n'était plus, la tête pendait lourdement sur la poitrine, "Pouah, c'est dégueulasse", "P'têt ben qu'il est mort", "Quelle honte, laisser traîner ça dans la gare, alors qu'les Américains peuvent arriver d'une minute à l'autre", ses oreilles qui seules tenaient encore à la vie pouvaient distinguer toute une variété de bruits, la nuit, quand tout retournait subitement au silence : des geta résonnant dans le hall, le grondement du train passant au-dessus de sa tête, des pas s'élançant soudainement, la voix d'un petit gosse : "Mamaaan !", ou celle d'un homme, là tout près de lui, qui parle entre ses dents, le bruit des seaux d'eau déversés à toute volée par les employés de la gare, "Quel jour qu'c'est aujourd'hui ?", oui, quel jour ça pouvait-y bien être, combien d'temps qu'il était là ? dans une lueur de conscience il vit le sol en béton juste sous ses yeux, sans pour autant s'apercevoir qu'il gisait sur le côté dans une posture identique à celle qu'il avait quand il était assis, le corps plié en deux, les yeux obstinément fixés sur la fine couche de poussière qui, à la surface du sol, frémissait au rythme de sa faible respiration, et se demandant seulement "quel jour qu'y peut être, quel jour qu'c'est ?", Seita expira...