vendredi 25 juillet 2008

La prime: Janet Evanovich

La première enquête de Stephanie Plum!

Voici une la critique d'un livre lu il y a plus d'un mois et qui trainait dans ma PAL depuis mon retour de Londres en Février. Je m'étais fait ce petit cadeau dans un grande libraire de Charing Cross. Mais bon, la vie va tellement vite en ce moment et ma pile de dossier s'amoncelle tellement dangereusement au travail que j'en délaisse un peu ce blog (pas bien!) et mes lectures (encore moins bien!). J'ai quand même eu la chance de lire quelques merveilles ces derniers temps, et en voici une (je pense que beaucoup d'entre vous pensent comme moi)! Un bijou d'hilarité!

Adieu froufrous, adieu dentelles! La lingerie c'est fini (c'était son ancien métier). Stéphanie Plum, trente ans, divorcée (après avoir surpris son mari s'ébattant avec une fille du Bourg, quartier de Trenton ou Stéphanie avait passé son enfance...), n'a plus de boulot. Sa télé et ses meubles sont au clou, son frigo est vide, sa voiture vient d'être saisie par la banque et elle se désespère. Son seul réconfort, c'est son hamster (moi je l'aime bien ce hamster).

Heureusement, il y a son cousin Vinnie ! Il dirige une agence de cautionnement et doit changer d'assistant aussi souvent qu'il essaie de la culbuter entre deux armoires! (C'est dire que c'est le turn over chez ses secrétaires) Sa mère la pousse à lui demander un boulot de secrétaire... Mais la place est déjà prise! Connie, l'assistante de Vinnie et un amie d'enfance, lui dit que le chasseur de prime qui devait se charger du cas Morrelli (un flic verreux accusé de meurtre qui défrayait la chronique du Bourg où il avait été un enfant terrible) avait attéri à l'hôpital... La prime se montait à 10000$...

Stéphanie, comme toujours forte tête, saisis l'occasion contre l'avis de Vinnie et de sa mère, et part à la poursuite de Joe Morelli. Mais c'est un malin, un dur, un séducteur... D'ailleurs, ce ne serait pas le même Joe Morelli qui joua à touche pipi avec elle quand elle avait huit ans? Ne serait-ce pas le même Morelli qui l'avait prise un soir après la fermeture derrière le comptoir de la patisserie où elle travaillait lorsqu'elle avait 16 ans puis avait filé sans demander son reste? (le vocable de ma description est un peu cru mais en anglais dans le texte ce n'est gère mieux!)

Une raison de plus pour le retrouver !

Et un champion de boxe violeur et tortionnaire, ce n'est pas ça qui l'en dissuaderait!

Stéphanie Plum est l'archétype même de l'anti-heroine, la chasseuse de prime non professionnelle comme pas deux! Si une connerie peut lui arriver, si elle peut tomber dans un traquenard, si elle peut froisser un violeur fou, eh bin! Pourquoi s'en priver? Le pire, c'est qu'elle le chercherait presque! Le boulet, quoi! C'est comme son histoire avec Joe Morelli! Ce livre est un véritable chassé croisé entre Joe et Stéphanie sur qui elle tombe à chaque coin de rue sans jamais pouvoir lui mettre la main dessus et qui la mènera beaucoup plus loin qu'elle ne l'aurait jamais imaginé...

Politiquement incorrect, hilarant, rondement bien ficelé, ce livre est un must à lire absolument! Mais attention, on devient vite accros (je suis en passe de lire le troisième de la série!)


Les avis de Serial Lecteur, Yueyin, Papillon, Chimère, Katell et Caro[line]... Aucun ne dément!

PS: lu en anglais mais je le déconseille, c'est pas ce qu'on nous apprend à l'école!

jeudi 24 juillet 2008

Billes qui roulent... suivi de Physique d'une bille qui roule

Le thé du matin dans mon petit coin de verdure au milieu du béton parisien est un moment magique, entre les restes de torpeur nocturnes et le reveil qui s'annonce déjà par les chants des oiseux et les premiers bruits de l'immeuble, lorsque la puissante douceur d'un tout jeune pu ehr me tire de mes derniers espoirs narcoleptiques... (Ba Da Chun 2007, Maison des 3 thés)

Depuis quelques jours, il me laisse l'occasion d'observer un phénomène assez surprenant.

Des gouttes de thé sortant de ma théière, se posant lentement sur la surface plane et dorée du thé dans ma petite cruche en verre et se transformant billes de thé évanescentes se forment sur la surface Là, mon esprit hautement scientifique pas encore réveillé commence à s'agiter, comment se fait-il qu'une bille de thé se forme au dessus d'une surface liquide, comme un bille de mercure au dessus d'un carrelage trop plat? Mais déjà mon esprit toujours aussi scientifique se rendort avec cette dernière image dans la tête...

C'est alors qu'un phénomène encore plus étrange se produit: la bille s'enfuit à toute vitesse vers un coin non définit de la surface circulaire de ma cruche... (Euh! il y a un problème là dedans...)

Trois secondes, deux centimètres, et puis plus rien... disparue, évanouie... avant la prochaine goutte...

Au bout de trois gouttes, mon esprit est bien réveillé, mon cerveau se transforme un tableau noir, prend un craie, inscrit beaucoup d'idées et d'equations (fluides, miscibles, non-miscibles, mouillants, non-mouillant, coalescance...)

Au final j'ai ma petite idée sur la question, mais pour que toute les conditions soient réunies pour obtenir un tel spectacle, il doit bien y avoir de la magie... serait-ce celle du thé?

Update:
Explications scientifiques du phénomène, attention, physicophobes et doux rêveurs, passez votre chemin!


Visiblement certain sont intéressés par ma petite découverte, et mes 3 années à user mes jeans sur les banc d'une grande école d'ingénieur pour acquérir l'envié titre d'ingénieur en hydrodynamique et génie océanique vont pour une fois me servir à quelque chose. Donc voici l'explication argumentée de ce phénomène..

Le principe de base de ce merveilleux phénomène tient dans une seule affirmation qui répond en un sens à la grande question de l'univers : 42... euh non! Ce serait plutôt : la nature est une grosse faignasse*** Vous vous souvenez peut-être, vos professeurs de physique ont essayé de mettre les formes mais dans le fond c'est bien ça : La nature a toujours tendance à minimiser l'energie.

Revenons à nos moutons. Lorsque ma petite Zisha, que mon père m'a ramené de son premier déplacement en Chine, déverse amoureusement ses dernières gouttes dans mon petit cha hai en verre, il y a exactement 0.8 cm entre le bout du bec et la surface du doux breuvage que l'on apprécie tous tellement. 0.8 cm c'est le diamètre du goulot de ma Zisha. C'est aussi la taille maximale de la goutte de thé qui veut aller rejoindre ses copines dans ma petite cruche. La goutte est donc amoureusement posée à la surface tout délicatement avec une vitesse infiniment petite pour qu'elle ne se fasse pas trop mal...

Comme vous avez du le remarquer, une pellicule huileuse se forme à la surface du thé (quand il est froid, elle fige même et craquelle). Or l'eau et l'huile sont non-miscible. C'est pas uniquement une question de différence de densité (eau et alcool font très bon ménage), l'eau et l'huile se repousse (avez-vous essayé de faire une mayonnaise sans oeuf?) et les tensions de surface entre les deux fluides sont extrêmes... L'eau ne mouille pas l'huile...

Or la goutte n'est pas, ou tout du moins est moins huileuse que la couche d'huile de thé, et elle a eu tout le temps de laisser remonter l'huile sur le dessus... Les tensions entre le bas de la goutte et la surface du thé sont énormes. Si on veut se rendre compte de la bataille qui se jouent entre eux, il faut se pencher et regarder la surface du thé en plein combat... Elle n'est plus plane, elle a pris la forme d'une fonction de Bessel (i.e. des ondoiement circulaires autour de la goutte)

Nous sommes dans un état d'équilibre, l'énergie du poids de la goutte est opposé à l'énergie des tensions superficielles et de la déformation de la surface libre. La coalescence (fait que la goutte s'unisse avec le thé de la cruche) ne se fait pas car la Nature est une grosse faignasse qui cherche à minimiser l'énergie. Mais c'est un équilibre instable, liée à des différences d'énergie tellement faibles que dès qu'elle aura l'occasion de faire disparaître cette anomalie et fournir encore moins d'énergie, la Nature (je vais l'appeler la Grande Faignasse à partir de maintenant, ça en jette!) fera disparaître la jolie goutte...

C'est alors que la goutte court à sa perte. L'eau et l'huile sont des liquides mouillants (par rapport aux solides). Le grand Archimède a été le premier à le remarquer et a énoncé son fameux théorème : Lorsqu'on plonge un corps dans un liquide, il ressort mouillé! Un menisque se forme dans la cruche. Or une bille sur une pente ça roule, et ça prends de la vitesse donc de l'énergie. Cet équilibre instable se rompt, et la bille se coalise avec le thé... FIN DE L'HISTOIRE

J'ai ré-observé ce phénomène, il n'arrive que si ma théière est totalement remplie. J'ai réussi hier à avoir jusqu'à 3 billes, qui se sont coalisées pour disparaître instantannément... C'était magnifique... Pour que toutes ces conditions drastiques surviennent pour obtenir ces petites billes... Ca doit être ça la magie du thé

mercredi 23 juillet 2008

Adoption...

D'ici deux petites semaines, une jeune petite chinoise va arriver chez nous, directement du Yunnan. Et je suis tout excité de son arrivée... Et je suis sûr que Loutarwen l'est aussi un peu...

Son petit nom est Da Hong Pao Long Dan. Chez nous, ça signifierait Œuf de dragon à la robe rouge. Elle est née à Yixing, dans la province de Jiangsu, d'une famille d'illustres potiers du quartier de Fudong, la famille Fan, sortie de terre par les mains de Wang Jianying, l'arrière-arrière-petite-fille du fameux Fan Dasheng.

J'ai déjà la tête pleine de projets avec elle et je me pose tout plein de question : comment l'apprivoiser? comment l'élever? Quelles seront ses odeurs préférées? Que j'ai hâte!

Je lui reserve tout plein de rêveries fleuries et fruitées, rondes et moelleuses, avec mes oolongs préférés et mes découvertes à venir. Et je suis sûr que vous en entendrez souvent parler...

Vous avez dû le comprendre, ma petite Da Hong Pao est une théière... Laissez-moi vous la montrer...


N'est-elle pas jolie?

vendredi 18 juillet 2008

L'Assassin Royal, L'Apprenti Assassin (T.1) : Robin Hobb

Ce blog ne le reflète peut-être pas, mais j'ai longtemps été un grand fan de fantasy. Je le suis toujours autant mais mes lectures actuelles m'ont mené sur des chemins différents, m'ont fait prendre des chemins de traverse vers d'autres mondes littéraires. Pourtant je n'avais jamais lu l'une des maîtres-œuvres. Tout autour de moi, tout le monde en parlait. Même mon grand-père, grand lecteur mais cantonné à des lectures beaucoup plus conventionnelles pour son âge, qu'il a bien beau du haut de ses 87 ans, avait suivi les traces de Fitzchevalerie Longvoyant. Mais c'est maintenant chose réparée, je dévore ce cycle incroyable, ce "diamant dans un océan de zircon" comme le dit si bien George R. R. Martin. Alors avec moi je vous invite à entrer dans l'univers de L'Assassin Royal...

Depuis des générations la dynastie des Loinvoyants règne sur les Six Duchés. Le roi Subtil a trois 3 fils: le roi-servant Chevalerie, le prince Vérité et le prince Royal. Le nom de chaque Loinvoyant est celui d'une vertu dont il fera preuve, malgré lui, tout au long de sa vie.

Un jour d'hiver un enfant est laissé par aux portes d'un château où se trouve le prince Vérité, abandonné sans nom par son grand-père avec pour seul explication que l'enfant était pour lui un trop lourd fardeau et qu'il était grand temps que le roi-servant Chevalerie s'occupe de son batard. Fitz (nom donné aux batards royaux en Angleterre) n'avait alors que six ans. Vérité décide de garder Fitz au château. Inquiet pour la sécurité de ce fils illégitime, Chevalerie abdique de son rang de roi-servant bien avant que Fitz n'arrive à la cité royale. Cet évènement bouleverse la vie de la cour alors même qu'un terrible péril menace le royaume.

Le bâtard va devenir l'homme lige du roi. Il apprendra aussi en secret la science des poisons, les techniques d'espionnage et le meurtre, et deviendra l'assassin royal. Mais il devra également faire face à de puissants ennemis ainsi qu'à son tragique destin.

Ce cycle est un chef-d'oeuvre, je l'ai commencé il y a un mois et j'en dévore déja le troisième tome... Je n'arrive pas à m'arrêter, presque une drogue que de vouloir connaîre le destin du jeune Fitz...

Robin Hobb maîtrise les arcanes de la fantasy sans entrer dans les caricatures grotesques. Un univers médiéval maîtrisé à la perfection, une magie en pointillé qui a rien de spectaculaire mais qui conditionne le fil conducteur du roman, des relations entre les personnages complexes, un mélange de passages sombres et de passages légers... Du grand art... Qui se laisse dévorer...
Et que je recommande à tous, à ceux qui veulent lire de la bonne fantasy, à ceux qui veulent découvrir cette littérature...

C'est pour moi un grand coup de coeur...


L'avis de Loupiote (Au fil des mots)...

lundi 30 juin 2008

Le Livre du Thé : Okakura Kakuzô

Il y a dans le goût du thé comme un charme subtil qui le rend irrésistible et propre à être sublimé. Le thé n’a ni l’arrogance du vin ni l’affectation du café – et encore moins l’innocence minaudière du cacao.

Il y a maintenant un peu plus d'un siècle, Okakura Kakuzô, un universitaire japonais en poste à Boston, va nous livrer dans cet essai une courte initiation à la pensée orientale, alors que les deux mondes commencent à se rencontrer et ne se comprennent pas vraiment.

Pour cela il va choisir une simple plante, le théier. Et autour de cette plante, du breuvage que l'on en tire et de l'influence qu'elle a eu dans le développement de la culture japonaise, il nous donne des clefs pour entrapercevoir plus justement la pensée orientale.

Cela peut paraître réducteur, mais il y a dans le thé toute la synthèse de la culture, de l'histoire et de la pensée asiatique: Bouddhisme Zen, Taoisme...

Autour de cette coupe de l'humanité, il va nous faire suivre la grande aventure du thé, son histoire: le thé bouilli des Tang, le thé pulvérise des Song, le thé infusé des Ming, il va nous faire entrer dans une chambre de thé (maison des fantaisie), cet oasis dans le désert morne de l'existence, il va nous montrer l'art de fleur, de l'écriture, de l'architecture...

Un hymne à la simplicité, à la beauté, au cha-no-yu (littéralement l'eau chaude du thé...)

Ce n’est qu’au sein du vide que demeure l’essentiel. La réalité d’une chambre, par exemple, se découvre dans l’espace vide défini par les murs et le plafond eux-mêmes. L’utilité de la cruche réside dans son espace vide, capable de contenir l’eau, non dans sa forme ou sa matière. Le vide est tout-puissant parce qu’il embrasse tout. Ce n’est qu’au sein de la vacuité que le mouvement devient possible.

Il s'agit désormais d'un classique, pour tout amateur de thé et un livre que je vous recommande.

Tout cela autour d'une bonne tasse de thé...

lundi 16 juin 2008

Tsubame : Aki Shimazaki

Ça y est, je suis officiellement de retour après une petite panne qui m'a éloigné de ce journal de lecture pour quelques mois... Je reviens donc avec le troisième tome du Poids des Secrets d'Aki Shimazaki, qui trainait depuis un bout de temps dans ma PAL...

L'histoire débute lors du Kanto Daishinsai, le terrible tremblement de terre qui va raser toute la région de Tokyo le premier septembre 1923 et faire des centaines de miliers de morts de disparus et de blessés. Yonhi a tout juste 12 ans. Ses parents, des activistes indépendantistes, avaient fui la Corée sous le joug japonais pour Tokyo. Yonhi vit seule avec sa mère qui lui fait la classe et son oncle (son père aurait disparu avant sa naissance).

Suite à la catastrophe, les japonais en quête de bouc-émissaires, massacrent des milliers de coréens. C'est alors que la mère confie sa fille à un orphelinat chrétien (tenu par un prêtre surnommé Tsubame, ce qui signifie hirondelle) et fait rebaptiser sa fille du nom japonais de Mariko Kanozawa, avant de partir à la recherche de son oncle. Yonhi ne reverra jamais sa mère.

A la fin de sa vie, alors qu'elle est veuve, mère d'un chimiste et grand-mère de trois petits-enfants, le mystère de sa naissance lui est dévoilé : le prêtre catholique qui l'avait recueillie dans son église lors du tremblement de terre, surnommé monsieur Tsubame, était-il l'instrument du destin qui a permis à cette hirondelle de s'élancer hors du nid ?

Nous voici plongés dans le troisième tome du poids des secrets... Au début rien ne relie cette nouvelle aux trois autres romans, à part ce nom Mariko... Car c'est bien l'histoire de la mère de Yukio que l'on va apprendre, ses origines et l'un de ces secrets originels qui vont sceller le destin de cette famille. Comme pour les tomes précédents, on retrouve cette atmosphère dure mais émouvante, subtile, épurée, lente et pleine de délicatesse qui nous transporte dans un grand moment de lecture. Avec ce nouveau tome, c'est pour moi un coup de cœur qui continue...

Les avis de Loutarwen, Papillon, Katell, Jules... Toutes aussi subjugués par cette série que moi...