vendredi 20 mars 2009

En provenance de Kitakyūshū

Les sencha sont rarement ma tasse de thé. A part les shincha et les tamaryokucha, la plupart du temps, ils ont une certaine âpreté végétale qui me dérange, même préparés avec le plus grand soin.

Mais hier, en rentant d'une semaine de conger dans son île natale, Kyūshū, ma voisine de bureau japonaise qui connait ma passion pour le thé m'a fait un beau cadeau: un Okumidori Sencha de chez Tsujiri Chaya, Kyôto.

Dès l'ouverture du paquet (image cliquable pour une meilleur définition), une forte odeur fruitée très agréable de pêche et d'abricot se dégage. Les feuilles, pliées en longues aiguilles fines d'un vert profond, ressemblent plus à un shincha qu'aux sencha habituels beaucoup plus grossièrement pliées.

La liqueur est d'un très beau jaune, un peu verdâtre. Les feuilles infusées sont assez peu cassées, comme on le voit malheureusement sur beaucoup de thés japonnais.

Ici, point d'âpreté, le pôle végétal bien présent est très doux en bouche, une forte odeur de pêches et d'abricot se dégage de la liqueur et de la tasse vidée. Le pôle marin est bien là, mais sans l'aspect bouilloneux qu'on retrouve souvent sur ce genre de thé. Par certains côtés, il me rappelle certains très bon thés blancs et thés verts chinois... Un thé qui pourrait bien me réconcilier avec les sencha...

Malheureusement, je ne parle pas japonnais, et je ne pourrais pas traduire ce qui est écrit sur le paquet, car j'aimerais bien en savoir plus sur ce très bon thé.

Alors, encore merci Aya!

6 commentaires:

fortunato a dit…

bon ben quand il s'agit de thé vert japonais forcément je ne peux m'empêcher de commenter - comm'd'hab' - & d'y apporter mon grain d'sel

1 - tout d'abord y'a 1 truc que je ne comprends pas

autant les tamaryokucha typiques de l'île de kyushu sont considérés autrement que les sencha car ils ne sont pas étuvés à la vapeur mais à sec comme pour les thés verts chinois - on les nomme aussi kamairi-cha -

autant j'aimerais bien que tu me dises quelle est exactement ta définition du shincha car j'ai l'impression que sencha & shincha sont 2 choses distinctes pour toi

alors que le shincha - qui veut dire thé nouveau - est tout simplement apparenté à la première récolte de sencha de l'année

bien-sûr tu t'en doutes des sencha y'en a autant de différents grades & ce sera forcément le savoir-faire du fermier/producteur ainsi que sa sélection & le mode de culture etc qui influeront sur les grades de sencha eux-même

donc l'aspect aiguilles de pin etc + le goût & d'autres paramètres en résulteront forcément en fonction de ce dont je parle + haut

ce terme saisonnier de shincha perd sa dénomination aux environs de la fin-juin/début-juillet car le shincha est caractérisé par sa prime fraîcheur

au japon le terme sencha étant apparenté au thé vert en général que l'on boit tant la production est énoooorme

2 -pour le paquet de thé que tu as

dans la partie rouge en haut à droite y'a marqué - thé vert de kagoshima - par ex les deux derniers kanji veulent dire ryoku-cha - thé vert -

dans la partie en-bas en gris en peut lire le nom - maison ou magasin de thé tsujiri - fondée en 1860 -

dans la partie verte à gauche + délicate à traduire en termes français on parle de l'aspect & du goût du thé littéralement - 1 frais bleu clair & goût mûr -

au centre en grand on peut lire - oku midori - perso j'arrive pas à traduire correctement mais je pense que c'est comme 90 % des thés japonais on donne 1 nom qui sonne poétiquement bien donc cet oku-midori devrait vouloir parler d'1 vert profond - mais ça n'est qu'1 interprétation libre du nom que je fais de ce thé

tu parles de tsujiri chayu mais en fait c'est écrit
つじり茶屋 = tsujiri chaya

par contre tu parles de kyoto & ce thé vient de kagoshima - ta collègue - ayako - ? - vient de kyushu - a-t-elle acheté ce thé à kyoto malgré tout - ? -

voici pour toi le nom de la boîte qui vend ce thé つじり茶屋 en faisant 1 copier/coller dans google tu verras certainement la maison de thé en question

hoplà

fortu - excuse pour le cROMANtaire -

ginkgo a dit…

juste 1 petite digression qui n'a rien à voir . Je n'arrivais plus à accéder à tes pages ( ça se bloquait) et maintenant tout est ok ! ouf , super je peux te relire !

Soïwatter a dit…

@Fortunato:
Merci pour ce long commentaire et cette traduction.

Ma définition des shincha: thés verts faits à la méthode japonaise (étuve, pas wok, contrairement aux tamarokycha, quoique j'en ai vu quelques-uns qui étaient aussi fait à l'étuvée, et la dessus je me pose aussi quelques questions, pourquoi sont-ce des tamaryokucha alors?) produits aux mois d'avril et de mai à partir des premiers bourgeons et correspondant aux premières récoltes de printemps.

Mes impressions sont uniquement basées sur les essais que j'ai pu avoir des thés accessibles en France.
S'il est possible de trouver de bon shincha (p/r à mon référentiel, il existe certainement mieux au japon que ce que l'on trouve en France), il me semble que les sencha arrivant sur le marché européen sont souvent des thés de moindre qualité, et présentant de gros défauts au niveau de la texture en bouche: astringence - même bien infusé, âpreté, voir parfois âcreté, trop grande importance du pôle bouillon de bonite, sensation de mâcher des feuilles d'arbres...

Bien sûr je me doutais, depuis ma découverte des shincha cette année, qu'il existait des sencha de toute autre qualité que ceux que j'avais goûté, mais qui n'étaient pas à ma portée (de métro)

Concernant ce thé.
J'avais demandé à Aya la traduction en français (ou en anglais, mais elle parla aussi bien les deux langues), mais elle m'a dit que c'était trop difficile pour elle et elle n'arrivait pas à trouver de traduction... Mais que c'était le thé préféré de sa mère.

Je crois qu'il m'a réconcilié avec les sencha, et m'a rendu plus exigent sur ce que je dois attendre d'un sencha qu'on me propose à l'achat, surtout au niveau de l'odeur des feuilles seches.
Il vient de chez Tsujiri Chaya, plus précisément de leur succursale de kitakyushu. La maison mère de Kyoto a quelques succursales à travers le japon, mais si j'ai bien compris de ce que j'ai lu sur internet, chacune est assez spécialisée, c'est plus des comptoires, et celle de kitakyushu l'est des thés de kyushu, particulièrement de yamé.

Le nom okumidori est le nom du cultivar du théier, et cela veut bien dire vert profond (dixit internet) Il semble que c'est un cultivar assez nouveau qui donne moins de rendement mais une plus grande régularité des récoltes et une meilleur qualité moyenne. Mais seul le résumé de l'étude était en anglais, le reste était en japonais et je ne lit pas la langue d'Akutagawa, malheureusement...

PS: j'ai changé l'erreur sur le nom de la maison de thé...

@Ginko: Heureux de te revoir par ici...

fortunato a dit…

par rapport à tsujiri chaya je savais déjà ce dont tu parles puisque tu peux bien penser qu'après ma traduction je suis allé sur le net japonais car ce nom me rappelait fortement quelque endroit & c'est bien 1 des maisons de thé dans laquelle je suis allé boire des matcha étant à kyoto

pour préciser davantage je parlais bien effectivement du cultivar okumidori - j'ai simplement utilisé le terme général de thé car tout le monde ne sait pas forcément que le cultivar serait au thé ce que le cépage est au vin

il doit exister + de 80 cultivars différents au japon dont 1 des derniers est le musashikaori créé à saitama 1 clone issu du fameux yabukita femelle - cultivar roi représentant 85 % de la production japonaise - & d'1 27F1-73 mâle

c'est sûr que le charmant musashikaori perd vite de sa superbe avec ces termes de manipulations génétiques pratiquées parmi quasiment tous les cultivars au japon mais le thé c'est aussi la science - fautl'dir'

l'okumidori est forcément immensément + discret en production qu'1 yabukita - qui est facile à cultiver & donnant des saveurs & arômes bien pleins tout en apportant cette fraîcheur caractéristique que l'on retrouve dans beaucoup de sencha - mais l'okumidori proche parent aussi bien génétiquement qu'en saveur du yabukita qui a 1 liqueur + claire & sirupeuse n'est pas 1 cultivar inconnu dans le monde du thé japonais

j'en bois de temps-en-temps 1 produit à shizuoka provenant de kakegawa

je crois que l'okumidori a été référencé comme nouveau cultivar en 1974

pour info - ci-dessous 1 lien montrant de très belles photos & quelques explications rapport à certains cultivars produits au japon dont l'okumidori :

http://www.chabatake.jp/2007summer/2007/08/post_c436.html

je ne vais pas à nouveau te faire 1 traduction puisque tu utilises internet - bien que les moteurs/traducteurs c'est pas tjrs ça -

le 1er cultivar présenté est le yabukita le 2d le yutakamidori le 3ème donc l'okumidori & le dernier le saemidori qui est aussi 1 des derniers cultivars créés au japon c'est 1 croisement entre le yabukita & l'asatsuyu qui lui comme cultivar donne 1 saveur très forte en umami comme pour les gyokuro

bon je m'arrête sinon je vais continuer des heures durant mais je pense de toutes manières faire 1 billet + étoffé sur les cultivars japonais sur mon blog - allez 1 peu d'pub -

ceci-dit c'est important de se rendre compte qu'avant tout il y a la plante & la science n'a rien de mal à intervenir sur la nature quand il s'agit de la magnifier comme pour les cultivars japonais

mais ça peut aussi être le contraire malheureusement

pour finir je reviens à la charge - si tu permets - ta définition du shincha est juste mais je te rappelle à nouveau que shincha & sencha c'est la même chose

fortunato a dit…

ah j'oubliais

c'est sûr que c'est pas avec ce que tu trouves en france que tu vas arriver à te forger 1 vrai palais question thé japs

mais heureusement la toile propose des merveilles

maintenant

Soïwatter a dit…

Merci pour tous ces renseignement.

J'ai toujours trouvé intéressantes les informations sur les cultivars utilisés pour faire le thé.
Souvent, ils expliquent une bonne partie des qualités intrinsèques d'un thé, le travail du fermier et du producteur mis à part.
En tant qu'amateur de thés des rochers (il y aurait paraît-il plus de 800 cultivars différents, outre les quatre Si Da Ming Cong et le Rou Gui), j'ai déjà pu remarquer l'influence du cultivar, par exemple pour les Rou Gui et l'influence sur la texture du thé...
Cela permet aussi de faire la part de ce qui tient de la plante, de la manière de la cultiver, de la récolte et du climat, et de la maîtrise du producteur lorsqu'il fabrique son thé...
Aussi j'attends ton post avec impatience.

Les quelques essais de bon thés japonnais m'ont bien montré que beaucoup des thés japonais présents sur le marcher français ne valent pas grand chose... Mais qu'on peut parfois, en y mettant le prix (malheureusement), trouver quelques bonnes choses...